Il n'y a qu'une façon de fuir ses responsabilités d'assassine

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    AnnabelRappy

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    Il n'y a qu'une façon de fuir ses responsabilités d'assassine

    Message par AnnabelRappy le Mar 12 Mai - 1:01

    La mort.

    En d'autres termes, si je voulais pouvoir revoir mon fils un jour et vivre calmement, il n'aurait pas fallu que je sois une assassine. Ma solution? J'en ai aucune. Dans un sens, il vaudrait mieux qu'Alexandre s'habitue plus à son père qu'à sa mère. Ma vie ne tient qu'à un fil: ma capacité de couper les fils des autres.

    Je m'explique.

    J'étais à Amarà avec Azaryus. Nous cherchions une maison. C'est une belle ville, et il y a plusieurs logis intéressants pour y fonder une famille. Belles illusions que je possède, j'ai fait des gaffes dans ma vie, mais là je me rouille. Et c'est pas bien de rouiller. Ça pourrait causer la mort de tous ceux qui m'entourent, m'incluant. Et en parlant de victimes, c'est Maelias qui est venue nous rencontrer. Elle a constamment peur de moi, ça se sent, et avec raison d'ailleurs. Ce n'est que lorsqu'elle commença à parler avec Aza que je le remarquai. Au-dessus de la grande statue d'Amarà, de l'autre côté de la baie, quelqu'un me faisait un signal lumineux avec un miroir. Cela m'étais destiné, c'était beaucoup trop précis dans mes yeux pour qu'il en soit autrement. Je m'éclipsai donc discrètement pour aller voir ce qu'il en était.

    Le bâtiment derrière la statue sus-mentionnée était encore en construction. Un endroit parfait pour un rendez-vous. Plus exactement, dans l'ombre de deux poutres à ma gauche, où semblait se tenir un homme.

    "Tu ne m'as pas suivi, mais tu devais bien te douter que j'allais de mon côté suivre à la trace mon élève favorite."

    Je fronçai les sourcils. Je m'en doutais, mais j'espérais fort que non.

    "Tu me veux quoi, Griffe d'or?
    - Tu crois que tu peux laisser de côté ton passé? Tu crois vraiment que sortir de ta couverture, voir t'en trouver une autre, te sauverais? me demanda-t-il.
    - Espérer ne fait de mal à personne.
    - Arrête, tu vas me faire rire. Tu crois que tu as pu concevoir un enfant, voir presque fonder une famille avec cet ethérien, sans que rien ne t'en empêche?"

    Je restai muette. Ce qui était, maintenant que j'y pense, un détail assez inutile.

    "Tu as trop de valeur. Ta mort en a presque autant, et celle de ceux qui t'entourent.
    - Ce sont des menaces?
    - Oui.

    Au moins il était clair.

    - Viens-en aux faits, ordonnai-je.
    - Tu te souviens de Hunter?
    - Il est mort en prison il y a de cela quelques temps.
    - Il s'avère qu'il était le chef d'une guilde de mercenaires, se faisant appeler assassins.
    - Une petite compétition comme une autre quoi. Vous n'êtes pas capables de vous en charger seuls?
    - Oui et non. J'ai passé longtemps à réunir des sources et des informations, de faire des alliances avec des informateurs. Notre ancienne guilde est presque complètement sous mon contrôle.

    Il se tut, me laissant un moment sans savoir quoi faire.

    - On dit merci, finit-il par me dire.
    - Hein?
    - Fait pas ton innocente Prisme. Je suis la seule et unique raison pour laquelle ton fils et ton amant sont toujours en vie... Momentanément.
    - Tu utilises mes proches pour m'atteindre?
    - Exact, ça t'étonne?
    - À vrai dire non, ça ne m'empêche pas d'en être énervée.
    - C'est sûr, c'est sûr... Bon c'est pas tout, mais il faut que je te renseigne sur la suite. Où en étais-je...
    - Hunter.
    - J'vérifiais si tu suivais. Le groupe de Hunter est en fait un département isolé d'une grande puissance internationnale qui semble avoir eu des problèmes.
    - Hors d'Hélion?
    - En effet. Ils ne sont pas dangereux, mais pourraient m'être utiles. Cependant, il n'existe qu'une seule personne qui a été mis au courant d'informations ultra importantes concernant cette guilde... Et il est mort aujourd'hui.
    - Ça vous amuse de jouer au jeu de la troisième personne?
    - Moui, c'est assez marrant. J'ai l'air plus sage. Mais je devrais pratiquer mes métaphores.
    - Les faits stp.
    - Dribliblu était en possession de ces infos. Maelias, la fille adoptive de Jaesgiear, elle-même la femme de Dribliblu, était une amie proche de ce Hunter. Les informations que l'on cherche sont peut-être parmi eux.
    - Vous voulez que je les questionne?
    - Entre autre. Et s'ils ont les réponses à tes questions, tu les tue. Tu as compris?"

    Bien sûr que j'avais compris. La brèche qu'a créé ce chef en se faisant interroger en prison devait être isolée au plus efficacement possible.

    "Il y a d'autres possibilités? S'ils ne savent rien?
    - Ton enfant, ton mari et toi-même avez intérêt à ce qu'ils savent. Dans le cas contraire, ça sera une famille de sacrifiée à la place d'une autre, me répondit-il.
    - Ouais bah, tu trouveras peut-être ça bizarre, mais moi je tiens à ma famille. Plan C s'il te plait, j'ai pas que ça à foutre.
    - Il y a une ethérienne qui est née il y a environ une semaine. Elle semble détenir des souvenirs de la sœur de Hunter.
    - Comment s'appelle-t-elle?
    - Isiris."

    Une ethérienne qui s'appelle Isiris. Ça ne devrait pas être très difficile à trouver, surtout si elle est née récemment. Azaryus devait bien en avoir quelques infos.

    "Mais c'est en dernier recours, précisa encore mon ancien maître. Si ça se trouve elle n'a absolument rien qui puisse nous donner ce que nous voulons.
    - Ça vaut la peine d'essayer.

    Il sourit.

    - J'aime cette attitude. C'est de la charmante coopération que je sens en toi.
    - Si on menace ma famille, je suis pas mal obligée de coopérer.
    - Des détails. Bonne chance pour ta mission en tout cas. Ça me ferait de la peine de faire assassiner tous ceux en qui tu tiens.

    Il prit une pause.

    - Nan. En fait j'm'en fous. Mon seul regret ça serait de perdre un moyen de pression à ton égard. Mais j'ai confiance que tu vas réussir.
    - Comment peux-tu en être sûr?"

    Griffe d'or se mit à rigoler, puis il commença à s'éloigner. Je restai plantée là, toujours à attendre la réponse à ma question. Il s'arrêta près des escaliers, et se retourna, me faisant un clin d’œil.

    "Parce que t'es la meilleure."

    Et il disparut de ma vue. Je savais ce que je devais faire. Et pour la première fois de ma vie, ça ne me plaisait pas.

    Pas du tout.

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